dimanche 6 décembre 2009

Café turc

Toujours cette terrasse. Toujours cette chaleur. Et toujours la mer. Puisqu'à la cafétéria, on devait ingurgiter du café instant, j'ai sauté sur le serveur au Grand Café pour lui commander un vrai de vrai café turc. J'ai toujours trouvé que le café turc faisait littéraire, sans doute parce que j'ai découvert la chose lorsque j'étais adolescente dans un roman de Pennac : Benajamin Malaussène, on s'en souvient, était un grand amateur.
Le café turc est fait dans une petite casserole de fer blanc, avec du café moulu très fin et du sucre. On le fait bouillir à quelques reprises. J'avais déjà essayé tout ça dans mon sous-sol de banlieue à 16 ans, dans un élan d'amour pour la littérature (Heureusement que c'était pas Histoire d'O que je lisais à l'époque, qu'est-ce que j'aurais bien pu expérimenter?). Mais là, devant la Méditérranée, c'était plus convaincant. Le café était à la fois fort et onctueux, stimulant, stimulant, oui, stimulant! Enfin, j'avais l'impression d'avoir une activité cérébrale digne de ce nom. C'est dans ces moments qu'on se rend compte combien on est bien peu de chose sans un apport régulier de nos drogues de prédilection.
Je n'ai pas retourné la tasse à la fin pour lire dans le marc ce que me réservait l'avenir. J'aime bien me ménager quelques surprises.

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