On m'avait dit : Le Liban... tu vas te régaler de la bonne nourriture! Tu vas boire de l'excellent café très fort, à la turc. Moi, faite comme je suis, je m'échafaudais des attentes, je me pourléchais : douze jours de stimulation culturelle et gastronomique.
Voilà ce qui m’attendait au premier matin, alors qu’à moitié réveillée, je me suis précipitée à la cafétéria pour mon café et mon déjeuner libanais. Je cherche partout, des yeux, puis en demandant aux bénévoles : mais où est le café? (Bon Dieu, j’ai une grosse journée devant moi, ça me prend une dose de cheval) On me pointe du doigt ces sachets de Nescafé. J’en crois pas mes yeux. C’est vrai que je suis snob, je bois mon café au lait tous les matins fait avec amour soit par mon chum qui est maître de la Pavoni manuelle ou par Mélanie au resto, qui manie la machine espresso avec autant de talent que les meilleurs baristas.
Bref, voilà, je suis snob et j’aime me faire servir, surtout le matin avant d’avoir eu mon café.
Or donc, il fallait le faire, ce café.
1-prendre un gobelet de plastique;
2-remplir le gobelet d’eau chaude dans le distributeur d’eau potable;
3-trouver un sachet de Nescafé qui ne soit pas encore entamé et le verser dans l’eau;
(Le lait, mais où est le lait? Je repose les mêmes questions, on me donne les mêmes réponses : le lait est en sachet, à côté du café)
4-verser le sachet de poudre de lait;
5-brasser le tout avec un petit bâtonnet ;
6-saisir le gobelet, qui est presque fondu à cause de la chaleur du café;
7-ingurgiter le liquide.
Cette première épreuve terminée, on doit maintenant se diriger vers les comptoirs de la cafétéria et tenter de remplir son cabaret en jouant du coude avec l’équipe de soccer du Rwanda. Surtout, ne pas échapper son café dans le brouhaha, car après tout, ça ne goûte pas si mauvais et c’est tout ce qu’on aura pour se tenir réveillée au cours des douze prochains jours.
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